L'alimentation et l'agriculture
L'agriculture dans le monde
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Les OGM dans l'agriculture
OGM, alimentation et santé
La réglementation des OGM dans l'alimentation
OGM et environnement
La coexistence des cultures OGM et non-OGM
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      La culture des OGM (organismes génétiquement modifiés) a débuté en 1996. Elle est devenue importante pour quatre plantes de grande culture : le soja, le coton, le colza et le maïs. En 2004, les cultures mondiales d'OGM couvraient plus d'une fois et demi la superficie de la France et leur surface avait augmenté de 20 % par rapport à 2003. 56 % du soja, 28 % du coton, 19 % du colza et 14 % du maïs produits dans le monde sont OGM.
Dans le même temps, de très nombreux débats ont porté sur les risques que les OGM font peser sur la santé et l'environnement. Beaucoup des questions posées ont maintenant une réponse.
Le consommateur européen est-il concerné par les OGM ? Existe-t-il des risques pour la santé ? Que sait-on des risques pour l'environnement ? La coexistence de cultures OGM et non-OGM est-elle possible en Europe ? L'objet principal du dossier est de dresser un état des lieux des connaissances scientifiques, notamment celles qui concernent l'évaluation des risques liés à l'utilisation des OGM. De façon complémentaire, le cadre réglementaire et législatif est décrit.
Etablir si le recours aux OGM dans le cadre de l'alimentation et de l'agriculture est légitime sort du cadre de Science & Décision, mais les informations figurant dans le dossier doivent permettrent à chacun de se forger une opinion.
Les questions soulevées par les brevets, l'accès aux avancées technologiques et aux ressources génétiques font l'objet du dossier Biotechnologies, brevets et agriculture : une nouvelle donne ?
 
 
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Retour haut de page Q   Quelle est l'importance des OGM dans l'agriculture ?  
  R   En 2004, les cultures mondiales d'OGM couvraient 81 millions d'hectares (la superficie totale de la France est de 55 millions d'hectares). Le soja était la principale plante OGM avec 48,4 millions d'hectares cultivés, soit 56 % de la culture mondiale de soja (en Argentine tout le soja est OGM). Venaient ensuite le maïs avec 19,3 millions d'hectares (soit 14 % de la culture mondiale), le coton avec 9 millions d'hectares (28 % de la culture mondiale) et le colza (4,3 millions d'hectares, soit 19 % de la culture mondiale).
Huit pays totalisaient 99 % de la surface mondiale des cultures OGM : les Etats-Unis (59 %), l'Argentine (20 %), le Canada (7 %), le Brésil (6 %), la Chine (5 %), le Paraguay, l'Inde et l'Afrique du Sud (chacun environ 1 %). Six autres pays ont aussi plus de 50 000 hectares de cultures OGM. En Europe, c'est le cas de l'Espagne et de la Roumanie (maïs OGM destiné aux animaux). En France, il y a moins de 1000 hectares de cultures OGM (maïs OGM destiné à la production de semences et aux animaux).
Les plantes OGM commercialisées sont de deux types : les OGM tolérants à un herbicide (72 % des surfaces cultivées en OGM - soja, maïs et colza) ou les OGM résistants à certains insectes (20 % des surfaces - maïs et coton). Certaines variétés de maïs et de coton OGM possèdent les deux caractères simultanément (8 % des surfaces).
Le soja tolérant à un herbicide occupe 60 % des surfaces mondiales cultivées en OGM.
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Retour haut de page Q   Des plantes OGM tolérantes aux herbicides : pourquoi et comment ?  
  R   En dehors du semis, l'agriculteur passe généralement quatre fois dans un champ pour lutter contre les mauvaises herbes (labour avant semis puis trois traitements aux herbicides). La simplification du travail du sol est un objectif pour de nombreux agriculteurs qui veulent diminuer les coûts et préserver la qualité du sol. Les plantes OGM tolérantes aux herbicides sont une solution. Un seul passage combinant semis et traitement aux herbicides suffit car la plante OGM supporte des concentrations d'herbicide qui tuent toutes les autres plantes.
Le gène de tolérance à l'herbicide provient d'une bactérie. Il existe des OGM spécifiques pour les principaux herbicides du commerce. Toutefois chaque OGM n'est tolérant qu'à un seul herbicide.
Le bénéfice pour l'agriculteur provient de l'allègement du travail et d'une plus grande souplesse d'organisation. Par contre, l'effet sur la consommation globale d'herbicide et l'impact réel sur le coût de production sont difficiles à évaluer.
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Retour haut de page Q   Des plantes OGM résistantes aux insectes : pourquoi et comment ?  
  R   La lutte contre les insectes qui ravagent les cultures permet de sécuriser les récoltes, ce qui est depuis toujours une priorité de l'agriculture. La création de plantes OGM résistantes aux insectes a pour but de supprimer en partie le recours aux pesticides chimiques. La culture du coton est un marché très important pour des OGM résistants aux insectes car elle représente le quart de la consommation mondiale de pesticides. De plus, dans beaucoup de régions, les insectes qui attaquent le coton sont résistants à de nombreux pesticides mais pas à l'insecticide produit par les plantes OGM. Un autre avantage de l'OGM est qu'il assure un traitement préventif, l'insecticide y étant présent de manière constante, alors que les pesticides ne sont utilisés qu'après l'observation des premiers dégâts dans les cultures.
Les plantes sont obtenues en insérant dans leur génome un gène produisant un insecticide. Le gène provient d'une bactérie ou d'une autre plante. La protection n'est que partielle car certains insectes qui ravagent les cultures ne sont pas sensibles à l'insecticide produit par ces gènes.
L'impact des plantes OGM sur la consommation de pesticides et sur le rendement varie considérablement d'une région à l'autre et d'une année sur l'autre car il dépend des infestations d'insectes. C'est pourquoi le pourcentage de cultures d'OGM résistants aux insectes n'est pas le même d'une région à l'autre au sein d'un pays. Dans les meilleurs cas, l'utilisation de plantes OGM a permis de consommer de trois à cinq fois moins de pesticides tout en évitant la plupart des dégâts dus aux insectes. L'intérêt économique des plantes OGM résistantes aux insectes s'apprécie dans la durée : les bénéfices réalisés les années marquées par de fortes infestations d'insectes compensent le surcoût des autres années.
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Retour haut de page Q   Quelle est l'origine du développement industriel des plantes OGM ?  
  R   Depuis le début des années 1990, les entreprises d'agrochimie sont confrontées à une baisse régulière de la vente des produits phytosanitaires. Contraintes à réorienter leurs activités, elles ont investi massivement dans les OGM et elles ont acquis pour cela des entreprises de semences et des PME de biotechnologies.
La principale application des OGM est la création de plantes qui peuvent pousser en présence de concentrations d'herbicide qui tuent les autres plantes. Elle assure aux entreprises d'agrochimie qui produisent les herbicides un marché captif puisque chaque variété OGM ne résiste qu'à un seul herbicide. Les entreprises équilibrent les coûts de recherche et de développement en les répartissant entre la vente des semences et la vente de l'herbicide.
L'autre application est la création de plantes résistantes aux insectes. Elle contrebalance les restrictions de plus en plus nombreuses à l'usage des insecticides.
Les plantes OGM ont été développées en priorité pour le système agricole des
Etats-Unis. Celui-ci se caractérise par une très faible main-d'oeuvre et par l'importance des surfaces consacrées aux cultures de maïs, de soja et de coton.
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Retour haut de page Q   Où en sont les recherches sur les plantes OGM ?  
  R   Trois entreprises réalisent près de la moitié des recherches sur les OGM aux Etats-Unis, les deux tiers portant sur le maïs, la pomme de terre et le soja. En Europe, entre 1991 et 2001, les grandes entreprises ont réalisé les trois quarts des recherches sur les OGM, les laboratoires publics 20 % et les PME 6 %. Les travaux portent principalement sur le maïs, le colza, la pomme de terre et la betterave sucrière.
Plus des trois quarts des recherches visent à alléger le travail des agriculteurs et diminuer la consommation de produits phytosanitaires. D'après les essais en cours aux Etats-Unis, des OGM conçus pour améliorer la qualité nutritionnelle de l'huile devraient être commercialisés vers 2010-2015.
Les efforts portant sur la qualité nutritionnelle des aliments décroissent aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis car l'industrie agroalimentaire n'est pas intéressée. C'est également le cas pour les variétés non-OGM. Il est en effet plus simple et plus rentable de produire des aliments équilibrés en y ajoutant des éléments (tels que les vitamines dans le jus d'orange) au cours de leur transformation.
A long terme, les objectifs sont d'obtenir des plantes résistantes aux conditions de culture difficiles (sécheresse, sols acides des zones tropicales, etc.), d'augmenter la production en rendant plus efficace la photosynthèse et de maîtriser le mûrissement des fruits et légumes.
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Retour haut de page Q   Pourquoi les plantes OGM ont-elles du succès auprès des agriculteurs ?  
  R   Dans la majorité des cas, la culture de plantes OGM ne semble pas plus avantageuse financièrement que la culture de variétés non-OGM. Les bénéfices sont indirects. L'agriculteur y gagne une plus grande souplesse dans l'organisation de son travail. L'autre argument est environnemental. La majorité des agriculteurs considère que les cultures OGM préservent mieux l'environnement que les pratiques classiques.
Le désherbage des champs est indispensable pour que les plantes cultivées ne soient pas étouffées par les mauvaises herbes dans les premiers stades de leur développement. En agriculture conventionnelle, la terre est désherbée avant les semis par labourage. Puis, après le semis, l'agriculteur passe plusieurs fois dans le champ pour répandre différents herbicides, chacun d'eux étant spécifique d'une famille de mauvaises herbes. Avec les OGM tolérant des doses élevées d'herbicide, l'agriculteur utilise un herbicide qui tue toutes les plantes. Les plantes OGM sont les seules à résister. Grâce à cela, il ne passe qu'une fois dans le champ car il répand l'herbicide en même temps qu'il sème.
La plupart des insecticides sont des poisons dangereux pour l'homme et les animaux. Une exception notable est l'insecticide produit par les plantes OGM. C'est le même que celui qui est utilisé en agriculture biologique. Les OGM résistant aux insectes suppriment au moins une partie des pulvérisations d'insecticides (cela ne les supprime pas tous car certains insectes ne sont pas sensibles au produit secrété par la plante OGM). L'avantage est double : une moindre pollution de l'environnement et une diminution du nombre d'intoxications dues aux insecticides chez les agriculteurs utilisant des OGM.
Un autre élément décisif pour l'adoption des OGM par les agriculteurs des pays exportateurs est l'état de la réglementation en matière de produits OGM dans les pays importateurs. Des réglementations restrictives dans les pays importateurs freinent l'adoption des OGM dans les pays exportateurs.
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Retour haut de page Q   Les produits OGM seront-ils moins chers que les produits classiques ?  
  R   Les études réalisées en Europe montrent que les prix devraient être à peu près les mêmes sur les produits OGM et non-OGM car les consommateurs ne semblent pas prêts à payer un produit non-OGM beaucoup plus cher qu'un produit OGM.
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Retour haut de page Q   Commercialise-t-on des fruits ou des légumes frais OGM ?  
  R   A l'exception d'un maïs doux destiné à l'alimentation humaine, il n'y a pas de fruits ou légumes frais OGM commercialisés. Mais il existe une recherche publique active sur un grand nombre de fruits ou légumes frais. Son objectif est le contrôle du mûrissement et la résistance aux virus.
La tomate est un cas à part car c'est le légume le plus consommé au monde après les tubercules. En France, elle représente 18 % de la valeur de la production de légumes frais, derrière les salades (23 % en comptant les endives) et avant les haricots verts (6 %). La moitié des études sur les fruits et les légumes sont consacrées à la tomate. Elles sont financées aux deux-tiers par le secteur privé. Une tomate OGM avait été créée dès la fin des années 1980. Le fruit se conservait plus longtemps. Mais la production a été abandonnée car le produit ne présentait pas d'intérêt pour l'industrie agroalimentaire.
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Retour haut de page Q   L'agriculture biologique utilise-t-elle des OGM ?  
  R   Non. L'utilisation de plantes OGM est interdite en agriculture biologique, tant en Europe qu'en Amérique du Nord.
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© Science & Décision - mise à jour du dossier novembre 2005